Mardi 22 Janvier 2019
  • Slideshow 001
  • Slideshow 002
  • Slideshow 003
  • Slideshow 004
  • Slideshow 005
  • Slideshow 006

Cadre de la distribution d'électricité condamné

Neuchâtel: Un responsable de Viteos a été jugé pour homicide par imprudence après le décès d'un jeune à Boudry (NE).

Photo d'illustration. (Photo: Keystone/Archives)

Un collaborateur de Viteos, à Neuchâtel, a été condamné mardi à Boudry (NE) à 45 jours-amende avec sursis pendant deux ans. Il était jugé pour homicide par imprudence après le décès par électrocution et noyade d'un jeune de 17 ans en 2013 dans le port du chef-lieu.

Il était reproché au prévenu, un cadre de l'entreprise de distribution d'électricité, de ne pas avoir contrôlé des installations électriques après des travaux réalisés en 2012 sur un môle du port, afin d'éviter que de l'électricité ne se propage dans l'eau.

Et ce d'autant «qu'un problème de cet ordre lui avait été signalé» sur un câble par un employé de Viteos la même année, selon l'acte d'accusation. L'audience pénale s'est déroulée devant le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers.

Le collaborateur de Viteos a écopé de 45 jours-amende à 115 francs avec sursis pendant deux ans et au paiement des frais de la cause (22'900 francs). Il devra également verser la somme de 25'000 francs aux plaignants (les parents et le frère de la victime).

Fuites d'électricité dans l'eau

Dans la matinée, il a été fortement question de technique, de «mise à terre flottante», de «courant fantôme», mais essentiellement de contrôles selon les normes OICF et OIBT (Ordonnance sur les installations en courant fort ou en basse tension).

Deux témoins, des spécialistes de l'Inspection fédérale des installations à courant fort (ESTI), ont été longuement interrogés. Il s'agissait pour le juge d'établir qu'un contrôle de l'«isolement» aurait dû être ordonné par le prévenu, responsable des contrôles de l'éclairage public au sein de Viteos.

Car c'est bien dans l'eau que des fuites d'électricité se produisaient - et elles ont provoqué l'électrocution du jeune homme en été 2013.

Le drame s'était déroulé le 18 juin 2013. L'adolescent se baignait dans le port en compagnie d'un ami, quand il s'était soudainement trouvé paralysé, incapable de nager. Son ami, un bras temporairement engourdi, n'avait pas réussi à le sauver et les secours avaient échoué à le réanimer. La présence d'électricité dans l'eau avait alors été constatée.

De source à prévenu

Le prévenu avait été rapidement entendu par la police, déclarant ne pas être informé d'éventuels problèmes électriques dans le port. Il avait peu après demandé à être entendu par le procureur, Nicolas Aubert. Il avait notamment confié qu'un de ses subalternes avait ressenti à un certain moment des «picotements, alors qu'il travaillait au système d'électricité».

Suite à cette déposition, le procureur lui avait indiqué qu'il passait du statut de source d'informations à celui de prévenu. Le cadre de Viteos avait alors contesté la procédure, affirmant qu'il n'avait pas été informé de ses droits, réclamant que le procès-verbal de ce deuxième interrogatoire soit retiré du dossier et qu'une nouvelle audition soit organisée.

S'assurant les services d'un avocat, il avait déposé des recours, jusqu'au Tribunal fédéral (TF), qui l'a débouté en juillet 2015.

Dans un premier temps, le défenseur avait demandé à la juge en fonction une expertise technique, que la magistrate lui avait refusée. L'avocat avait alors récusé la juge. Son successeur l'avait ensuite acceptée le 20 juin dernier lors de la reprise du procès.

Source: 24heures.ch